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Interview avec Mohamed Moustaid, Directeur Prescription et Grands Projets – AkzoNobel & Astral

Interview avec Mohamed Moustaid, Directeur Prescription et Grands Projets – AkzoNobel & Astral 575 480 YMAA

« L’architecture contemporaine marocaine est plus ouverte aujourd’hui sur les meilleures pratiques internationales »

Mohamed Moustaid

En tant que sponsor que représente pour vous la 1ère édition des Young Moroccan Architecture Awards ?

« Il s’agit pour Astral d’une opportunité pour rencontrer les architectes et donneurs d’ordre dans l’acte de bâtir au Maroc. Une occasion pour leur montrer notre support, à eux en tant que jeunes architectes et partager avec eux notre expérience sur les projets.

Astral agit toujours en support aux architectes et leur apporte toute l’assistance technique pour réaliser leurs projets dans les règles de l’art. »

Comment définiriez-vous l’architecture contemporaine au Maroc ?

« L’architecture contemporaine marocaine est plus ouverte aujourd’hui sur les meilleures pratiques internationales. Elle réunit à la fois modernité & authenticité avec un dosage subtil selon le type de projet. C’est aussi une architecture résolument plus ouverte sur l’Afrique : une opportunité pour les jeunes architectes dont la réussite est tributaire de leur networking

Une tendance aujourd’hui en passe de réussir c’est le regroupement d’architectes qui s’associent ponctuellement sur un projet ou qui travaillent conjointement. »  

Que pensez-vous de la nouvelle et jeune génération d’architectes marocains ?

« Plus dynamique. Ils ont, aujourd’hui, tous les moyens pour réussir (logiciels, équipements…etc.) si on compare cette génération avec la précédente, lorsqu’elle avait démarré le métier d’architecte au Maroc. Ils ont la capacité et les moyens pour s’ouvrir sur le monde et s’adaptent facilement à leur environnement de travail : quelque chose qu’on a constaté lors des réunions de chantiers ou avec des clients. Un « open mind » appréciable en termes de collaboration ; la jeune génération est plus ouverte et accessible. »


LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) SONT DE RETOUR POUR RÉCOMPENSER LA CRÉATIVITÉ DES JEUNES ARCHITECTES MAROCAINS.

LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) SONT DE RETOUR POUR RÉCOMPENSER LA CRÉATIVITÉ DES JEUNES ARCHITECTES MAROCAINS. 1920 1080 YMAA

Casablanca le 18 avril 2022 – C’est le grand retour des Young Morroccan Architecture Awards ! Annulée à cause de la pandémie de la COVID 19 et de la situation sanitaire qui en résultait, la première édition des YMAA, prévue en 2020, n’a malheureusement pas pu voir le jour. Aujourd’hui, et après deux années de travail et de recherche, le Groupe Archimedia annonce une nouvelle « première » édition, pleine de surprises, de nouveautés, et de rebondissements, les YMAA 2022.

Une première, dans le continent africain et dans la région MENA, les YMAA font partie de ces évènements marquants de l’architecture marocaine à portée internationale.

A l’aube du 21ème siècle, la pratique architecturale au Maroc est en train de connaître un tournant décisif. Une frange de plus en plus importante de la population fait appel aux services des architectes que ce soit pour la conception de leur domicile privé, le siège de leur société ou encore pour l’aménagement de leurs commerces ou de leur cabinet médical.

Plus que jamais, les architectes sont aux premières loges pour intéresser les chalands à fréquenter les centres commerciaux, les touristes à passer leurs vacances dans les hôtels et autres resorts, les gourmets à fréquenter des restaurants où le confort et l’esthétique sont aussi importants que la gastronomie, les investisseurs à rénover les édifices patrimoniaux…etc.

Par ailleurs l’ouverture de nouvelles écoles publiques et privées nationales d’architecture a été suivie par un engouement vers cette carrière et une meilleure reconnaissance de ce métier auprès de la population.

Conséquence : la typologie de la population des architectes connaît actuellement un changement notable avec une diminution de l’âge moyen des praticiens puisque, chaque année, des centaines de jeunes lauréats intègrent le marché du travail.

Aujourd’hui, il est nécessaire d’honorer ces praticiens, de stimuler leur créativité, de reconnaître les particularités et centres d’intérêt de chacun d’eux, mais également de donner aux plus talentueux la reconnaissance nationale et internationale qu’ils méritent.

C’est pourquoi le groupe Archimedia, fort de ses vingt ans d’expérience et d’engagement permanent envers les architectes, a décidé de lancer les Young Moroccan Architecture Awards, YMAA afin de reconnaître l’excellence des pratiques architecturales au Maroc.

La fête de la créativité est lancée, elle permettra à des centaines de jeunes architectes de moins de 45 ans de faire connaitre à un large public, via les médias nationaux et internationaux, les projets innovants qu’ils ont conçus, intéresser de nouveaux clients et marquer ainsi les tendances.

Ainsi les architectes les plus méritants recevront des Awards et distinctions, dans une trentaine de catégories. Deux prix récompenseront les PFE des étudiants marocains en fin de cursus universitaire dans les écoles architecture nationales comme étrangères.

Le jury présidé par un architecte de renom, Taoufik El Oufir, sera composé d’éminents autres professionnels aussi bien du Maroc que d’Italie ou de France. Christian de Portzamparc, architecte du grand théâtre de Casablanca sera l’invité d’honneur de ce jury.

Les inscriptions sont désormais ouvertes jusqu’au 18 mai 2022 sur le site internet www.ymaa.ma/inscription  


Entretien avec Saad Dalil, Directeur commercial et Marketing Ciments

Entretien avec Saad Dalil, Directeur commercial et Marketing Ciments 794 524 YMAA

Pourquoi avoir participé aux YMAA, Young Moroccan Architecture Awards ?
Il s’agissait même d’une évidence pour LHM, leader des matériaux de construction au Maroc. En tant que Leader des matériaux de construction au Maroc, LafargeHolcim Maroc  participe à la modernisation du secteur de la construction et l’essor économique du Royaume. Nous voulons être le partenaire de référence contribuant de façon significative au développement national, par notre  capacité d’innovation et les savoir-faire apportés au secteur de la construction au Maroc. Notre stratégie repose sur les principes fondamentaux d’une croissance durable, à l’écoute des évolutions de la société, et respectueuse de l’environnement et de toutes les parties prenantes. Le Young Moroccan Architecture Awards est une opportunité pour encourager les jeunes architectes .

Pensez-vous que l’architecture au Maroc apporte un sang nouveau ?  
Les architectes sont des acteurs essentiels au cœur du monde de la construction. Que ce soit dans le cadre de l’urbanisation des villes, du développement durable ou des ouvrages d’arts et d’infrastructures, l’architecte doit penser et construire aujourd’hui pour mieux vivre demain, intégrer les réalités économiques, sociétales et temporelles des projets. Cet architecte doit être à la fois artiste, équilibriste, parfois même magicien pour proposer et concevoir des bâtiments écoresponsables, des ouvrages de couleurs et de formes quasi- infinies où les seules limites sont celles de l’imagination.

Les bétons esthétiques ont donc toujours le vent en poupe

Saad Dalil

Ne dit-on pas d’un pays que son dynamisme se mesure au reflet de sa jeunesse ? Cela prend encore plus de sens au Maroc au regard de l’ambition de notre pays et des enjeux à venir. Donc oui l’architecture au Maroc apporte une ouverture sur le monde en cours de construction.

Pensez-vous que le béton à usage esthétique a toujours le vent en poupe ?
L’histoire de l’architecture moderne est indissociable de celle du béton. Ce concours est une excellente occasion de mettre en évidence les performances particulières de ce matériau, de faciliter le dialogue entre les équipes de conception et de favoriser le développement d’une réflexion architecturale innovante. L’utilisation du béton esthétique est de par nature associée étroitement au paysage, au contexte et à l’histoire des sites.

Pour preuve, quelques projets réalisés par l’Activité Béton de LafargeHolcim Maroc tels que le Pont à Haubans de Sidi Maarouf dont l’intégration architecturale au sein du paysage urbain de Casablanca s’est appuyée sur des bétons répondant à la fois aux contraintes techniques de robustesse et à une demande d’aspect lisse après décoffrage de l’ensemble des parties visibles de l’ouvrage. Pour les finitions, du béton matricé à engravures aux motifs esthétiques prédéfinis a été mis en œuvre, visibles et palpables par le piéton et l’automobiliste.

L’Université Polytechnique Mohammed VI de Benguerir, quant à elle, a exigé un béton blanc et lisse pour les gradins de son amphithéâtre, et de haute performance afin de s’aligner avec l’exigence esthétique du degré d’inclinaison des gradins. Il en a résulté un ouvrage aux caractéristiques architecturales parfaitement adaptées à une mise en valeur variée, par des jeux de reflets et de lumière, anoblissant davantage le lieu.

Aussi, c’est notamment grâce à des bétons haute performance, pouvant aller jusqu’à 70 MPa que l’architecte peut laisser vagabonder son imagination, quitte à défier les lois de la gravitation. La Tour Casablanca Finance City, dont l’édifice émergeant en forme de prisme complexe a été rendu possible grâce aux qualités techniques des bétons (résistance, rapidité du décoffrage), en est le parfait exemple.

Enfin, les bétons décoratifs d’aménagement extérieurs sont toujours plébiscités, comme en témoignent les bétons mis en œuvre au niveau des plateformes, carrefours et passages piétons de projets comme l’Extension de la Ligne 2 du Tramway Rabat-Salé (65 000 m2 sur un linéaire de 7km).

Les bétons esthétiques ont donc toujours le vent en poupe. Ils répondent aux enjeux de croissance de l’urbanisation, de densité des populations, de verticalité des habitats, de tertiarisation de l’économie et de flexibilité des types de mobilités devenus nécessaires, tout en y insérant une note artistique nécessaire à la vie en société. On peut s’attendre à ce que les innovations techniques relatives au béton soient de plus en plus poussées, aussi bien dans le domaine esthétique, que celui de l’éco-responsabilité d’ailleurs.

Propos recueillis par La rédaction

Merouane Zouaoui, architecte : « Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.»

Merouane Zouaoui, architecte : « Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.» 706 518 YMAA

Que pensez-vous des Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) ?
Au même titre que les Nouveaux albums des jeunes architectes en France (NAJA), les YMAA s’inscrivent dans cette démarche de mise en valeur des jeunes architectes.
Il est important que cette compétition se tienne à des intervalles réguliers et devienne la référence de la distinction d’un jeune architecte. Cela contribuera à l’émulation des jeunes architectes et nivellera vers le haut la qualité architecturale de notre pays. 

Les jeunes architectes marocains ont-ils besoin de cette reconnaissance ?
Je pense que nous avons un besoin crucial de plateformes marocaines reconnues nous permettant de confronter notre travail au regard des professionnels du domaine et de créer une émulation autours de nos projets. Bien que la légitimité d’un architecte ne se résume pas aux récompenses, je le vois comme un effort collectif pour promouvoir l’architecture et ses talents au Maroc.

Au même titre que les Nouveaux albums des jeunes architectes en France (NAJA), les YMAA s’inscrivent dans cette démarche de mise en valeur des jeunes architectes.
Il est important que cette compétition se tienne à des intervalles réguliers et devienne la référence de la distinction d’un jeune architecte. Cela contribuera à l’émulation des jeunes architectes et nivellera vers le haut la qualité architecturale de notre pays. 

Avez-vous participé à cette compétition ? Sur combien de catégories ?
Oui, j’ai tenu à participer aux YMAA pour plusieurs raisons. Nous nous plaignons souvent que rien n’est organisé en faveur des jeunes de notre profession. Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.

Notre cabinet participe à travers plusieurs catégories, car nous avons eu la chance de livrer plusieurs projets ces deux dernières années ; et que cette compétition peut être un coup de projecteur pour nos œuvres.
Dans ce cadre-là je souhaite voir un maximum de participants et de projets pour nous enrichir du savoir-faire de chacun.

Cette compétition devra surtout être l’occasion d’être une photographie de ce produisent les jeunes architectes marocains en 2020. L’occasion de s’encourager, de se soutenir et de GAGNER ! 

Propos recueillis par La rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

Tarik Zoubdi, architecte : « Il est temps que les jeunes architectes marocains soient des « prophètes » dans leur propre pays »

Tarik Zoubdi, architecte : « Il est temps que les jeunes architectes marocains soient des « prophètes » dans leur propre pays » 1075 935 YMAA

Que pensez-vous des Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) ?
Tarik Zoubdi : « C’est une très belle initiative attendue depuis plusieurs années par beaucoup de confrères. La scène architecturale marocaine connaît un grand renouveau. Des opportunités du genre des YMAA permettent d’attirer les regards du grand public, et d’ouvrir les yeux des maitres d’ouvrage sur le travail des architectes les plus prometteurs. En Europe, cela aurait été un réflexe naturel d’une institution publique chargée de la culture par exemple.  Ça ne peut qu’être bénéfique pour la qualité architecturale dans notre pays ».

Les jeunes architectes marocains ont-ils besoin de cette reconnaissance ?
T.Z : « La création architecturale marocaine commence à faire entendre sa voix dans le monde entier, grâce à une nouvelle génération d’architectes qui ambitionnent d’exporter leur savoir-faire au-delà des frontières du Maroc. Il est temps que les jeunes architectes marocains soient des « prophètes » dans leur propre pays ».

Avez-vous participé à cette compétition ? Sur combien de catégories ?
T.Z : « Oui bien sûr qu’on y participe, ce n’est pas une occasion à rater. On s’est porté candidat sur deux catégories. On espère sincèrement que notre projet plaise au jury et au grand public ».

Propos recueillis par La Rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

4 questions à Ghita Skalli, architecte urbaniste, enseignante à l’École d’Architecture de Casablanca (EAC)

4 questions à Ghita Skalli, architecte urbaniste, enseignante à l’École d’Architecture de Casablanca (EAC) 1022 1152 YMAA

Que vous suggèrent les Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) ?
Ghita Skalli : La promesse du mérite, le permis de rêver.

Pensez-vous qu’il y a aujourd’hui une avant-garde architecturale ?
GS : Il y en a toujours eu une, la question est de savoir si elle s’exprimait? Les YMAA œuvrent dans ce sens. C’est un jalon important. 

De quoi se distinguent ces jeunes de leurs ainés ?
GS : Le culte de l’image et du succès rapide sont les épouvantails qu’on agite souvent. Mais au-delà, il y a un champ de maîtrise technologique, libérée des complexes que leurs aînés traînent parfois. Lorsque cela s’accompagne d’une créativité généreuse et d’une curiosité avide, les résultats sont percutants !

Est -t-elle dans la mouvance mondiale ou trace-t-elle son propre sillon ?
GS : Les derniers mois ont mis en évidence à quel point, face au même virus, chaque population agit de manière singulière. C’est un paradigme qui s’écroule, qui allait en sens unique. La mouvance mondiale fait de la place au libre arbitre. C’est le moment de nous réapproprier nos rêves. 

Propos recueillis par La Rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

Mounia Radouane, architecte

Mounia Radouane signera la conception du trophée des YMAA

Mounia Radouane signera la conception du trophée des YMAA 2560 2038 YMAA

Mounia Radouane, jeune architecte émérite, est sur le point de marquer son empreinte en signant la conception du trophée des Young Moroccan Architecture Awards. À la fois architecte et designer, Mounia se distingue par son approche novatrice et sa passion pour l’esthétique contemporaine, mêlant fonctionnalité et créativité dans chacune de ses œuvres.


En tant que jeune architecte, que vous suggèrent les YMAA ?


Mounia Radouane : L’audace, la création et la qualité architecturale qu’offrent les jeunes architectes marocains.
Ce sont des valeurs auxquelles je crois profondément et auxquelles on ne peut qu’adhérer et défendre. C’est important que les architectes puissent au travers de ses prix reconnaître ce qui fait la puissance d’un projet, qu’il soit à une grande ou à une petite échelle. La finalité étant la retransmission au grand public.

Vous avez été choisie pour faire concevoir le trophée des YMAA dont le cahier des charges stipule qu’ils doivent être en béton. Ce matériau vous parle-t-il ?


M.R : Je m’intéresse à toutes sortes de matériaux, mais ce qui me fascine dans le béton, c’est le processus de sa naissance à sa transformation. Tout se joue lorsqu’on coule dans une banche le sable, le béton et le ciment. On voit alors apparaître aussitôt un tableau des plus intenses, dans lequel on aimerait s’immerger. C’est à la fois poétique et surréaliste de penser un objet à partir d’un matériau liquide qui se stratifie. 

Il y a quelques années, j’ai conçu ma première collection de luminaires en béton dans mon studio à Paris. M’intéressant depuis toujours à toutes sortes de matériaux, c’est le béton qui m’a séduit par ce qu’il a pu m’apporter en liberté créatrice, m’ouvrir à l’infini. Il est juste de dire que le béton est un matériau noble au même titre que le bois brut et l’acier. 

Quelle sera votre source d’inspiration, puisque votre travail va impacter durablement la scène architecturale ?


M.R : Tout d’abord, je tire mon inspiration de ce qui m’entoure : les gens, l’évolution de la société, la musique, la beauté d’un édifice. En architecture, la notion de proportion s’est vue étudiée de différentes façons, et ce, depuis l’Antiquité. Ce qui m’a mené au nombre d’or. Cette proportion serait à l’origine de toute œuvre d’art. C’est en effet grâce à ce système rationnel de proportions, qui régit toutes les règles de construction, que j’ai pu concevoir le trophée monolithe. Après avoir expérimenté plusieurs formes et plusieurs hauteurs, l’idée d’une forme simple m’est paru évidente, en suivant les proportions du nombre d’or des Égyptiens. C’est une leçon fantastique. 

On trouve cette proportion dans l’ordinaire de la vie. La nature se compose à partir de cette même forme mathématique qui représenterait la « proportion divine » ; c’est-à-dire la proportion idéale, équilibrée et agréable pour l’œil humain. 

En tant qu’architecte designer allez-vous participer aux YMAA ?


M.R : Je suis très honorée de faire découvrir cette année au grand public ma nouvelle création. Selon moi, la rencontre d’un architecte ou d’un designer avec d’autres personnes du même milieu, ainsi que le partage qui en découle permet, en quelque sorte, le tissage d’une toile commune, d’une œuvre collective. Les personnes que j’ai pu rencontrer ont accru mon sens éthique et renforcées ma passion pour l’architecture et le design. Deux éléments que l’on espère durable, et puissent-ils ne jamais rompre avec l’esprit de finesse.

Propos recueillis par La Rédaction


Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

Interview avec Hanae Bekkari, Architecte, Membre du jury YMAA

Interview avec Hanae Bekkari, Architecte, Membre du jury YMAA 984 965 YMAA

Hanae Bekkari, architecte : l’architecture est la discipline, par excellence, pour laquelle l’expression,  » le talent n’attend point le nombre des années « , revêt toute sa dimension.

Que vous suggèrent les Young Moroccan architecture Awards ? 

Hanae Bekkari : « Un concours dédié pour les jeunes marocains, au Maroc et à l’étranger est une première. L’architecture au Maroc a des spécificités qui lui sont propres, malgré toute la diversité du pays aux régions du littoral maritime, océanique et méditerranéen, aux régions montagneuses, allant des zones colinéaires aux zones enneigées toute l’année, des plaines fertiles aux zones désertiques…
Le Maroc garde aussi le témoignage des cités antiques, et renferme des médinas encore vibrantes de vie, des villages construits avec des matériaux locaux pour lequel le savoir-faire existe encore, et tous ces tissus interpellent car ils définissent des microcosmes de villes exprimant des valeurs de cohésion, du politique, du social et de l’art. A travers les murs, on peut lire des réponses aux grands défis de demain, que cela soit la maison à cour, ou la maison en terre et en pierre, comme pour la distribution spatiale poétique qu’offre chaque type de maison.
Et l’identité marocaine, sa culture, transparaît à travers l’architecture, avec les valeurs qui en émanent. A titre d’exemple, un espace qui compose essentiellement la maison marocaine est ce fameux salon marocain, dont la taille et la forme diffèrent, mais qui exprime un espace toujours prêt à accueillir les invités à n’importe quel moment de la journée, pour un verre de thé, pour un repas, ou pour passer la nuit; cela est donc un espace qui exprime la valeur de l’hospitalité marocaine, comme d’ailleurs le takat dans les zones montagneuses, qui définit  le feu, la cuisine  mais aussi le foyer avec ses valeurs fraternelles.


Ces générations devraient être imprégnées de ces valeurs et les projeter dans le futur, libre à eux de revenir au passé, de le continuer ou de le remettre en cause, tout le débat est là !

Hanae Bekkari


L’architecture est la discipline, par excellence, pour laquelle l’expression,  » le talent n’attend point le nombre des années « , revêt toute sa dimension.
L’imagination fertile, la créativité, avec la recherche de la concrétisation des rêves, la recherche d’une technicité, de matériaux et comme destinée l’Homme dans toute sa grandeur. L’architecte est à la recherche de solutions pour trouver le confort à l’échelle de la ville, dans les équipements structurants, dans les différentes composantes de la ville citadine, comme dans le monde rural, pour répondre aux maux sociaux et formuler des réponses spatiales palpables.

La compétition n’exige pas des projets faits à la hâte, ce sont des projets réalisés, mais longuement réfléchis. Nous aurons donc un grand éventail de projet, avec des architectes entre 24 et 45 ans,  certains sont fraichement diplômés, alors que d’autres atteignent les 20 années d’expérience. 
Les productions et compétences marocaines sont méconnues du grand public. Ici, elles seront mises en avant, pour décomplexer les structures qui font encore appel aux étrangers dès qu’il s’agit d’un projet important, cela permettra aux jeunes de prendre confiance en eux avant tout et permettra de les valoriser, et c’est un grand défi que lance le groupe Archimedia.

Ce concours revêt la forme d’une foire de projets qui suscitent un intérêt dans les réponses apportées dans les divers domaines, cela servira de support pour débattre des approches pour chaque type de projet, sachant que les problématiques sont relevées à l’échelle internationale, et selon les spécificités locales.

Je suis certaine que l’architecte marocain doit être écouté pour les valeurs qu’il transporte, c’est un architecte qui s’exporte aussi, on le retrouve participant à de grands projets internationaux, parfois dans l’ombre de grands cabinets et il est temps de faire valoir ses capacités et ses créations qui sont, sans aucun doute, des réponses aux grandes problématiques de demain ».

Pourquoi avez-vous accepté la proposition des organisateurs de faire partie des membres du jury

H.B : « Être membre du jury me permettrait de voir une grande diversité de projets réalisés par des marocains. J’habite à Tanger où j’exerce en tant qu’architecte engagée à travers mes projets et mes activités associatives qui vont dans le sens de l’amélioration du cadre bâti et dans la réconciliation des usagers avec la ville, mon passé est porteur de tout un état d’esprit car j’ai été orientée très tôt par ma famille dans l’amour du pays et dans le sens de l’engagement. Puis l’enseignement au Maroc dont j’ai bénéficié à l’ENA allait me propulser dans un monde passionnant à la quête d’une architecture spécifiquement marocaine.  Mes stages ont aussi été déterminants et formateurs, que cela soit dans les médinas, ma participation durant plusieurs années  au sein d’une équipe pluridisciplinaire, dans le Haut Atlas, avec l’Unicef et le PNUD, tout cela a été déterminant pour moi.
Des architectes marocains m’ont servi de modèles dans l’exercice de ma fonction, Jean-François Zevaco  et  Fouad Beqqali, qui m’ont encouragé à plonger dans le monde fascinant de l’exercice du métier. Actuellement, mes projets sont très diversifiés, tout en gardant mon engagement bénévole pour lequel je suis assignée en faveur de la ville et des citoyens.

J’espère que mon profil complétera les autres membres du jury pour un concours original qui invite non pas à établir dans l’urgence un projet adéquat, mais plutôt à recueillir des projets bien réfléchis. Ce qui nous donnera l’occasion d’analyser des projets d’architecture conçus  par des marocains et faire émerger les fondements d’une architecture marocaine pour le monde de demain.

La critique architecturale relève d’un vocabulaire particulier, qui conjugue plusieurs sciences et domaines de l’art. Pour ce concours, la complexité d’approche est telle, que le groupe Archimedia a fait fédérer des structures nationales et internationales, pour enrichir le débat, avec notamment les ministères de l’habitat, de la culture, les écoles d’architecture, nationales et internationales, l’Unesco, ainsi que l’ordre national des architectes qui gère tous les problèmes auxquels sont confrontés les architectes dans l’exercice de leur métier.

Ainsi, Archimedia contribue à travers cet événement et cette organisation à montrer la complexité d’approche de la critique architecturale, tout en proposant une plateforme pour le recueil de réponses intelligentes aux interrogations soulevées par les villes de demain, en tout cas, le débat s’annonce passionnant ».

Propos recueillis par La Rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

Heureux, les joyaux architecturaux !

Heureux, les joyaux architecturaux ! 1080 1080 YMAA
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