Maroc

LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS DEVOILENT LEURS GAGNANTS

LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS DEVOILENT LEURS GAGNANTS 1748 1240 YMAA

Casablanca le 6 décembre 2022 – Après une soirée mémorable, les YOUNG MORROCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) ont levé le voile sur les gagnants de leur toute première édition. Ce lundi 5 décembre, un air de fête régnait au Sofitel Casablanca Tour Blanche où, au total, 26 trophées ont été attribués pour célébrer la jeune scène architecturale du Maroc.

Les YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) est une compétition qui met la lumière sur la jeune garde émergente des architectes marocains et leurs réalisations marquantes. Première de ce genre en Afrique et dans le monde arabe, elle est initiée et organisée par le groupe Archimedia, lui-même premier média de l’architecture et du BTP dans le continent.

Cette soirée de révélation des gagnants a primé les meilleurs projets sélectionnés par un jury d’exception composé d’architectes de renoms, dont le président n’est autre que Taoufik El Oufir dont la renommée n’est plus à refaire. Avec 80 remarquables projets nominés dans 21 catégories aussi diverses que variées et plus d’une trentaine d’architectes de émergents mis en lumière, les gagnants des différentes catégories sont :

  • Prix spécial zévaco : Tarik Zoubdi pour le projet « Concrete Phrontistery »
  • Intervention en médina : Fatimzohra Tahiri Alaoui pour la rénovation d’un Riad à Essaouira
  • Logement collectif : Younes Diouri pour le projet Horizon Hill
  • Espace culturel : Salma Dioury pour American Arts Center
  • Santé & bien-être : Sofiya Iraqi pour Ks Dental
  • Enseignement préscolaire et primaire : Youssef Lahkim pour Ecole El Farah
  • Enseignement secondaire et supérieur : Tarik Zoubdi pour le projet « Concrete Phrontistery »
  • Immobilier résidentiel individuel : Groupement IBDAA pour Villa For Loft
  • Retail et architecture commerciale : Dina Bennani pour Choco Chino
  • Loisirs et tourisme : Abdelhakim Guilmi pour maison d’hôtes H&G
  • Aménagement intérieur-décoration : Dina Bennani pour « Villa privée »
  • Espaces de gastronomie : AGA Studio pour la maison Fresh & Bio
  • Petite villa individuelle : Mounia Radouane pour villa VPDN
  • Grande demeure : Abdelhakim Guilmi pour villa KLM
  • Rénovation et réhabilitation : Mounia Radouane pour Appartement AAA
  • Espace bureaux : Lamia Hamriti pour Payment Center for Africa
  • Edifice durable et environnemental : Fatima Zahra Bendahmane pour CIE Tata
  • Architecture en bois : Younes Diouri pour ACSA Club tennis
  • Architecture éphémère​​ : Merouane Oussama Zouaoui pour dômes Tafedna
  • Première œuvre : Groupement IBDAA – Villa Albertini
  • Hors catégorie : Atelier d’architecture S+R pour équipementier automobile à Tanger.

Les résultats sont disponible en ligne : https://ymaa.ma/resultats-ymaa-22/

En sus de ces awards, 3 distinctions ont été alloué pour le bâtiment de l’année avec le projet du CIE de Tata par Fatima-Zahra Bendahmane. Le coup de cœur du public avec le projet Canary Garden de Youssef Benjelloun. Et finalement le prix Archimedia avec le projet du Musée Ibn Batouta à Tanger de Ghita Adyel.

Les étudiants architectes ne sont pas en reste puisque ont eux aussi été primés grâce au meilleur PFE féminin gagné par Lina Meskine pour « La narration en architecture »et le meilleur PFE masculin remporté par Fatmi Achraf Merzouk pour « Vers une architecture hospitalière : centre hospitalier du Bouregreg ».

Deux mentions spéciales ont été attribuées à deux PFE :  une mention spéciale pour l’innovation le prix a été attribué à Zineb Lemseffer pour son PFE intitulé « A interpréter » ; ainsi qu’une mention spéciale pour l’excellence à Sofia El Alami pour « Kobenhavn Conference Hall ».

Célébrant l’architecture au Maroc, ce gala de grande ampleur a su réunir des acteurs de renom dans le domaine de l’architecture et de la construction au Maroc. Témoignages, partages d’expériences, et ambiances chaleureuse bercée une musique jazz ;  ont été au rendez-vous dans cette soirée où confrères et consœurs se sont réuni pour célébrer l’architecture au Maroc.

Contact presse :

Fatima Zouiden – 0618 74 88 02

presse@ymaa.ma

Interview avec Florian Tronel, Marketing Manager Hansgrohe Middle East

Interview avec Florian Tronel, Marketing Manager Hansgrohe Middle East 1200 800 YMAA

  • En tant que sponsor que représente pour vous la 1ère édition des Young Moroccan Architecture Awards ?

« Cette 1ère édition est une excellente opportunité pour mettre en avant la nouvelle génération montante des architectes Marocains. Nous sommes très heureux de pouvoir contribuer à la mise en avant des profils les plus prometteurs. Une reconnaissance que l’on sait primordiale pour émerger au niveau national et international. »

  • Comment définiriez-vous l’architecture contemporaine au Maroc ?

« En un mot : agile. Une architecture qui s’imprègne du riche passé culturel du pays et qui n’a de cesse d’évoluer pour aujourd’hui proposer des projets hautement qualitatifs, à la pointe de la modernité répondant aux critères environnementaux et urbains. En soit, une architecture unique et différente de toute autre. »

  • Que pensez-vous de la nouvelle et jeune génération d’architectes marocains ?

« Le Maroc est fort d’un unique bassin de talents.  Talents s’inspirant de la riche histoire du Maroc (sa culture, la finesse de son artisanat) mais pas seulement, puisque l’on note également une ouverture d’esprit, une ouverture sur le monde, qui confère à cette nouvelle génération une capacité à se projeter dans des univers différents, nouveaux, pour proposer des projets toujours plus innovants. » 


Interview avec Dina Bennani, Architecte – nominée auX Young Moroccan Architecture Awards

Interview avec Dina Bennani, Architecte – nominée auX Young Moroccan Architecture Awards 480 514 YMAA

Vous avez été nominée 5 fois aux YMAA 2022. Vous attendiez vous à ça ? 

« Tout d’abord je tiens à remercier le Groupe Archimedia, précurseur des YMAA, qui as mis en lumière les réalisations architecturales de différentes typologies, conçues pas de jeunes architectes marocains. 

Cette tribune qui nous est offerte, à travers ces nominations, conforte notre volonté de perpétuer notre savoir-faire à travers nos projets et ainsi faire découvrir le spectre étendu des possibilités aux potentiels partenaires publics et privés, c’est un réel honneur de voir nos réalisations mises en avant à travers cette initiative tant attendue. »

Quels sont les domaines d’expression ou vous êtes le plus à l’aise ? 

« Ce métier nous offre la possibilité d’opérer autour de problématiques diverses et variées à travers un large spectre de projets.

Notre cabinet réalise depuis 3 années des projets allant des constructions neuves, du résidentiel et des villas privées au retail (magasins, restaurants, commerces), plateaux bureaux et réaménagement de toutes sortes.

Ce qui anime notre quotidien dans l’exercice de notre fonction, c’est cette quête perpétuelle de défis. Trouver le moyen de nous surpasser en proposant des conceptions originales, inhabituelles tant sur le volet technique qu’esthétique tout en y apportant une identité qui se démarque par son authenticité et son originalité ».

Lors de la présentation des nominés vous avez pu voir, même rapidement, l’ensemble des projets sélectionnés. Quel jugement portez-vous ? 

Je tiens à saluer le travail accompli par le groupe Archimedia, qui, à travers tous ces projets présentés, met en avant les jeunes architectes talentueux, et j’en déduis que l’avenir de l’architecture marocaine est entre de bonnes mains.

Cette tribune nous permet, à travers nos projets finalisés, d’avoir une reconnaissance confirmée par nos ainés et pouvoir gagner en crédibilité auprès de clients potentiels soucieux de trouver des concepteurs reconnus sur la place. 

Par ailleurs j’estime qu’à l’ère du digital, une plateforme qui met en valeur nos ouvrages est plus que nécessaire pour créer une dynamique et une véritable impulsion pour la valorisation de notre savoir-faire auprès des professionnels du métier.

Pensez-vous que ce type d’événement puisse promouvoir la confiance des investisseurs marocains envers les jeunes architectes ?

Depuis quelques années, le paysage architectural marocain connait un véritable essor dans différents secteurs, les investisseurs ont bien compris qu’une architecture audacieuse et originale attire et marque les esprits et crée de la valeur ajoutée. 

C’est une occasion privilégiée de faire connaitre notre travail et notre track record et pouvoir le mettre à profit pour de nouvelles perspectives d’avenir auprès d’investisseurs marocains et internationaux.

Propos recueillis par La rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma


Les Young Moroccan Architecture Awards révèlent leurs nominés

Les Young Moroccan Architecture Awards révèlent leurs nominés 2560 1707 YMAA

Casablanca, le 21 octobre 2022. Les YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA), premiers awards d’architecture au Maroc, en Afrique et dans la région MENA récompensant les projets de la génération montante d’architectes, ont levé le voile, le jeudi 20 octobre 2022 sur les réalisations nominées. Une cérémonie de révélation des projets et de leurs architectes a été organisée lors d’une soirée ambiancée au Park Expo – Anfa Park. Au total 21 catégories ont été mises à l’honneur lors de cette toute première édition.


Fondé par le Groupe Archimedia, les Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) est une compétition nationale d’envergure internationale qui vise à mettre en lumière les réalisations architecturales majeures de typologies diverses, petites et grandes conçues pas de jeunes architectes du Maroc.

Avec plus d’une centaine de candidatures reçues, 80 remarquables projets ont été nominés pour leurs qualités architecturales et urbanistiques. Plus d’une trentaine d’architectes de renom ont été mis en lumière lors de cette soirée et leurs réalisations révélés au public.

En sus de ces awards, 3 prix seront alloués aux projets selon les distinctions : bâtiment de l’année, coup de cœur du public et prix Archimedia. La mise en lumière des étudiants architectes brillants sera aussi de rigueur avec le meilleur PFE féminin et le meilleur PFE masculin.

Un enchevêtrement de catégories aussi diverses que variées

Un patchwork de catégories englobant différents domaines de l’architecture a été mis en avant dans cette édition. Allant de l’intervention en médina jusqu’aux espaces gastronomique en passant par la santé et l’enseignement ou encore le retail et l’architecture commerciale. Les projets sélectionnés émanent d’une nouvelle génération d’architectes qui regorge d’imagination, de maîtrise d’œuvre et d’inventivité.

Lumière sur le patrimoine

En tant que civilisation riche en histoire, l’architecture du patrimoine est mise en lumière dans cette édition avec une catégorie dédiée aux interventions en médina. Cette dernière intègre toute construction, rénovation ou réhabilitation intervenant dans les tissus anciens des centres historiques comme les médinas ou les Kasbahs.

Ode au béton

Un hommage est aussi rendu au grand architecte Jean-François Zevaco à travers la catégorie « Prix Zevaco ». Cette dernière intègre les bâtiments faisant usage du béton, quelle que soit leur nature dans un usage esthétique ou structurel.

Des partenaires de renoms

La compétition Young Moroccan Architecture Awards est soutenue par des partenaires de renoms. Allant de partenaires institutionnels tels que l’Università Degli Studi di Firenze en Italie, première université d’architecture au monde, l’UNESCO, jusqu’aux partenaires médias internationaux et nationaux à l’image de la revue ‘A’A’, d’a, Muuuz ou encore 2MTV et Le Matin.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : https://ymaa.ma/nomines/

Interview avec Mohamed Moustaid, Directeur Prescription et Grands Projets – AkzoNobel & Astral

Interview avec Mohamed Moustaid, Directeur Prescription et Grands Projets – AkzoNobel & Astral 575 480 YMAA

« L’architecture contemporaine marocaine est plus ouverte aujourd’hui sur les meilleures pratiques internationales »

Mohamed Moustaid

En tant que sponsor que représente pour vous la 1ère édition des Young Moroccan Architecture Awards ?

« Il s’agit pour Astral d’une opportunité pour rencontrer les architectes et donneurs d’ordre dans l’acte de bâtir au Maroc. Une occasion pour leur montrer notre support, à eux en tant que jeunes architectes et partager avec eux notre expérience sur les projets.

Astral agit toujours en support aux architectes et leur apporte toute l’assistance technique pour réaliser leurs projets dans les règles de l’art. »

Comment définiriez-vous l’architecture contemporaine au Maroc ?

« L’architecture contemporaine marocaine est plus ouverte aujourd’hui sur les meilleures pratiques internationales. Elle réunit à la fois modernité & authenticité avec un dosage subtil selon le type de projet. C’est aussi une architecture résolument plus ouverte sur l’Afrique : une opportunité pour les jeunes architectes dont la réussite est tributaire de leur networking

Une tendance aujourd’hui en passe de réussir c’est le regroupement d’architectes qui s’associent ponctuellement sur un projet ou qui travaillent conjointement. »  

Que pensez-vous de la nouvelle et jeune génération d’architectes marocains ?

« Plus dynamique. Ils ont, aujourd’hui, tous les moyens pour réussir (logiciels, équipements…etc.) si on compare cette génération avec la précédente, lorsqu’elle avait démarré le métier d’architecte au Maroc. Ils ont la capacité et les moyens pour s’ouvrir sur le monde et s’adaptent facilement à leur environnement de travail : quelque chose qu’on a constaté lors des réunions de chantiers ou avec des clients. Un « open mind » appréciable en termes de collaboration ; la jeune génération est plus ouverte et accessible. »


LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) SONT DE RETOUR POUR RÉCOMPENSER LA CRÉATIVITÉ DES JEUNES ARCHITECTES MAROCAINS.

LES YOUNG MOROCCAN ARCHITECTURE AWARDS (YMAA) SONT DE RETOUR POUR RÉCOMPENSER LA CRÉATIVITÉ DES JEUNES ARCHITECTES MAROCAINS. 1920 1080 YMAA

Casablanca le 18 avril 2022 – C’est le grand retour des Young Morroccan Architecture Awards ! Annulée à cause de la pandémie de la COVID 19 et de la situation sanitaire qui en résultait, la première édition des YMAA, prévue en 2020, n’a malheureusement pas pu voir le jour. Aujourd’hui, et après deux années de travail et de recherche, le Groupe Archimedia annonce une nouvelle « première » édition, pleine de surprises, de nouveautés, et de rebondissements, les YMAA 2022.

Une première, dans le continent africain et dans la région MENA, les YMAA font partie de ces évènements marquants de l’architecture marocaine à portée internationale.

A l’aube du 21ème siècle, la pratique architecturale au Maroc est en train de connaître un tournant décisif. Une frange de plus en plus importante de la population fait appel aux services des architectes que ce soit pour la conception de leur domicile privé, le siège de leur société ou encore pour l’aménagement de leurs commerces ou de leur cabinet médical.

Plus que jamais, les architectes sont aux premières loges pour intéresser les chalands à fréquenter les centres commerciaux, les touristes à passer leurs vacances dans les hôtels et autres resorts, les gourmets à fréquenter des restaurants où le confort et l’esthétique sont aussi importants que la gastronomie, les investisseurs à rénover les édifices patrimoniaux…etc.

Par ailleurs l’ouverture de nouvelles écoles publiques et privées nationales d’architecture a été suivie par un engouement vers cette carrière et une meilleure reconnaissance de ce métier auprès de la population.

Conséquence : la typologie de la population des architectes connaît actuellement un changement notable avec une diminution de l’âge moyen des praticiens puisque, chaque année, des centaines de jeunes lauréats intègrent le marché du travail.

Aujourd’hui, il est nécessaire d’honorer ces praticiens, de stimuler leur créativité, de reconnaître les particularités et centres d’intérêt de chacun d’eux, mais également de donner aux plus talentueux la reconnaissance nationale et internationale qu’ils méritent.

C’est pourquoi le groupe Archimedia, fort de ses vingt ans d’expérience et d’engagement permanent envers les architectes, a décidé de lancer les Young Moroccan Architecture Awards, YMAA afin de reconnaître l’excellence des pratiques architecturales au Maroc.

La fête de la créativité est lancée, elle permettra à des centaines de jeunes architectes de moins de 45 ans de faire connaitre à un large public, via les médias nationaux et internationaux, les projets innovants qu’ils ont conçus, intéresser de nouveaux clients et marquer ainsi les tendances.

Ainsi les architectes les plus méritants recevront des Awards et distinctions, dans une trentaine de catégories. Deux prix récompenseront les PFE des étudiants marocains en fin de cursus universitaire dans les écoles architecture nationales comme étrangères.

Le jury présidé par un architecte de renom, Taoufik El Oufir, sera composé d’éminents autres professionnels aussi bien du Maroc que d’Italie ou de France. Christian de Portzamparc, architecte du grand théâtre de Casablanca sera l’invité d’honneur de ce jury.

Les inscriptions sont désormais ouvertes jusqu’au 18 mai 2022 sur le site internet www.ymaa.ma/inscription  


Entretien avec Saad Dalil, Directeur commercial et Marketing Ciments

Entretien avec Saad Dalil, Directeur commercial et Marketing Ciments 794 524 YMAA

Pourquoi avoir participé aux YMAA, Young Moroccan Architecture Awards ?
Il s’agissait même d’une évidence pour LHM, leader des matériaux de construction au Maroc. En tant que Leader des matériaux de construction au Maroc, LafargeHolcim Maroc  participe à la modernisation du secteur de la construction et l’essor économique du Royaume. Nous voulons être le partenaire de référence contribuant de façon significative au développement national, par notre  capacité d’innovation et les savoir-faire apportés au secteur de la construction au Maroc. Notre stratégie repose sur les principes fondamentaux d’une croissance durable, à l’écoute des évolutions de la société, et respectueuse de l’environnement et de toutes les parties prenantes. Le Young Moroccan Architecture Awards est une opportunité pour encourager les jeunes architectes .

Pensez-vous que l’architecture au Maroc apporte un sang nouveau ?  
Les architectes sont des acteurs essentiels au cœur du monde de la construction. Que ce soit dans le cadre de l’urbanisation des villes, du développement durable ou des ouvrages d’arts et d’infrastructures, l’architecte doit penser et construire aujourd’hui pour mieux vivre demain, intégrer les réalités économiques, sociétales et temporelles des projets. Cet architecte doit être à la fois artiste, équilibriste, parfois même magicien pour proposer et concevoir des bâtiments écoresponsables, des ouvrages de couleurs et de formes quasi- infinies où les seules limites sont celles de l’imagination.

Les bétons esthétiques ont donc toujours le vent en poupe

Saad Dalil

Ne dit-on pas d’un pays que son dynamisme se mesure au reflet de sa jeunesse ? Cela prend encore plus de sens au Maroc au regard de l’ambition de notre pays et des enjeux à venir. Donc oui l’architecture au Maroc apporte une ouverture sur le monde en cours de construction.

Pensez-vous que le béton à usage esthétique a toujours le vent en poupe ?
L’histoire de l’architecture moderne est indissociable de celle du béton. Ce concours est une excellente occasion de mettre en évidence les performances particulières de ce matériau, de faciliter le dialogue entre les équipes de conception et de favoriser le développement d’une réflexion architecturale innovante. L’utilisation du béton esthétique est de par nature associée étroitement au paysage, au contexte et à l’histoire des sites.

Pour preuve, quelques projets réalisés par l’Activité Béton de LafargeHolcim Maroc tels que le Pont à Haubans de Sidi Maarouf dont l’intégration architecturale au sein du paysage urbain de Casablanca s’est appuyée sur des bétons répondant à la fois aux contraintes techniques de robustesse et à une demande d’aspect lisse après décoffrage de l’ensemble des parties visibles de l’ouvrage. Pour les finitions, du béton matricé à engravures aux motifs esthétiques prédéfinis a été mis en œuvre, visibles et palpables par le piéton et l’automobiliste.

L’Université Polytechnique Mohammed VI de Benguerir, quant à elle, a exigé un béton blanc et lisse pour les gradins de son amphithéâtre, et de haute performance afin de s’aligner avec l’exigence esthétique du degré d’inclinaison des gradins. Il en a résulté un ouvrage aux caractéristiques architecturales parfaitement adaptées à une mise en valeur variée, par des jeux de reflets et de lumière, anoblissant davantage le lieu.

Aussi, c’est notamment grâce à des bétons haute performance, pouvant aller jusqu’à 70 MPa que l’architecte peut laisser vagabonder son imagination, quitte à défier les lois de la gravitation. La Tour Casablanca Finance City, dont l’édifice émergeant en forme de prisme complexe a été rendu possible grâce aux qualités techniques des bétons (résistance, rapidité du décoffrage), en est le parfait exemple.

Enfin, les bétons décoratifs d’aménagement extérieurs sont toujours plébiscités, comme en témoignent les bétons mis en œuvre au niveau des plateformes, carrefours et passages piétons de projets comme l’Extension de la Ligne 2 du Tramway Rabat-Salé (65 000 m2 sur un linéaire de 7km).

Les bétons esthétiques ont donc toujours le vent en poupe. Ils répondent aux enjeux de croissance de l’urbanisation, de densité des populations, de verticalité des habitats, de tertiarisation de l’économie et de flexibilité des types de mobilités devenus nécessaires, tout en y insérant une note artistique nécessaire à la vie en société. On peut s’attendre à ce que les innovations techniques relatives au béton soient de plus en plus poussées, aussi bien dans le domaine esthétique, que celui de l’éco-responsabilité d’ailleurs.

Propos recueillis par La rédaction

Merouane Zouaoui, architecte : « Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.»

Merouane Zouaoui, architecte : « Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.» 706 518 YMAA

Que pensez-vous des Young Moroccan Architecture Awards (YMAA) ?
Au même titre que les Nouveaux albums des jeunes architectes en France (NAJA), les YMAA s’inscrivent dans cette démarche de mise en valeur des jeunes architectes.
Il est important que cette compétition se tienne à des intervalles réguliers et devienne la référence de la distinction d’un jeune architecte. Cela contribuera à l’émulation des jeunes architectes et nivellera vers le haut la qualité architecturale de notre pays. 

Les jeunes architectes marocains ont-ils besoin de cette reconnaissance ?
Je pense que nous avons un besoin crucial de plateformes marocaines reconnues nous permettant de confronter notre travail au regard des professionnels du domaine et de créer une émulation autours de nos projets. Bien que la légitimité d’un architecte ne se résume pas aux récompenses, je le vois comme un effort collectif pour promouvoir l’architecture et ses talents au Maroc.

Au même titre que les Nouveaux albums des jeunes architectes en France (NAJA), les YMAA s’inscrivent dans cette démarche de mise en valeur des jeunes architectes.
Il est important que cette compétition se tienne à des intervalles réguliers et devienne la référence de la distinction d’un jeune architecte. Cela contribuera à l’émulation des jeunes architectes et nivellera vers le haut la qualité architecturale de notre pays. 

Avez-vous participé à cette compétition ? Sur combien de catégories ?
Oui, j’ai tenu à participer aux YMAA pour plusieurs raisons. Nous nous plaignons souvent que rien n’est organisé en faveur des jeunes de notre profession. Il est primordial d’encourager ce type d’initiatives pour qu’elle se perpétue.

Notre cabinet participe à travers plusieurs catégories, car nous avons eu la chance de livrer plusieurs projets ces deux dernières années ; et que cette compétition peut être un coup de projecteur pour nos œuvres.
Dans ce cadre-là je souhaite voir un maximum de participants et de projets pour nous enrichir du savoir-faire de chacun.

Cette compétition devra surtout être l’occasion d’être une photographie de ce produisent les jeunes architectes marocains en 2020. L’occasion de s’encourager, de se soutenir et de GAGNER ! 

Propos recueillis par La rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

Interview avec Christian De Portzamparc, Architecte, Jury d’honneur des YMAA

Interview avec Christian De Portzamparc, Architecte, Jury d’honneur des YMAA 983 822 YMAA

Que vous suggèrent les YMAA, Young Moroccan Architecture Awards ? Pouvez vous faire un parallèle avec les premiers prix que vous avez connus et reçus en France ?
Christian De Portzamparc : « En 1968, le prix de Rome fut aboli. Or, les candidats primés devenaient ipso facto les architectes des commandes publiques. Comment alors choisir ces architectes ? L’état sous l’impulsion de Robert Lion édicta alors une obligation de concours et inventa le PAN[1] qui est aujourd’hui l’équivalent des albums de la jeune architecture. 

Cette possibilité pour un architecte de se tester de se confronter à un programme, un site, de comparer sa propre réponse à celle des autres est un des moyens d’entrer dans la pratique professionnelle.

En 1974, je répondis à un concours du PAN et je fus un des lauréats. Ce programme du Ministère de l’Équipement suivait « la politique des modèles ». Il devait sélectionner des projets de bâtiments types, susceptibles d’être reproduits partout (modèle pour familles, pour personnes âgées, modèle d’école, etc.), des projets sans site particulier, « sans lieux ». Or, mon projet (une reprise du projet que j’avais proposé au concours de La Roquette que je le présentais comme une pièce d’architecture avec un jardin public à inscrire dans un quartier), n’était pas un modèle d’objet universel mais un prototype d’espace urbain.

Dans ces années 70, on passait en France à une autre époque de l’urbanisation. Les immenses périphéries des villes avaient vu les logements se construire vite et en séries. Nous ne construirions plus sur les grands champs de betteraves vides. Il nous resterait le plus souvent les terrains laissés-pour-compte, déjà encerclés.

Les modèles tout fait se juxtaposant ne conviendraient plus. Il faudrait s’insérer dans ces sites déjà bâtis, les transformer. Il y aurait partout des cas particuliers. Le spécifique, le contingent, deviendrait plus important que le générique. Chaque projet allait devenir un cas unique. 

La marche vers l’universel marquait un arrêt et je voyais une grande ironie dans ce retour du contingent contre cet universel. Il y avait dans cette soudaine attention au « cas par cas », une brusque inversion dans les principes, un pied de nez à la doctrine moderniste. L’autorité du programme devrait se plier à une intelligence des lieux, à une ruse qui à chaque fois en trouverait le meilleur usage. Il s’agirait de se réapproprier des territoires souvent en situation désastreuse. Il faudrait analyser l’existant, le territoire local. Il n’y avait plus une doctrine qui guidait la même architecture dans tous les pays.

Tout devint possible. Ce qui advint dans nos villes nouvelles fut l’architecture de tous les mélanges, la confusion de tous les styles, de tous les essais.

Avec une unité de pensée, nos aînés avaient traité les opérations publiques de logements par mille unités , mais l’ennui des séries répétitives, le manque de soin se voyait.

C’est à l’époque de ce tournant d’ailleurs que fut créé le Pritzker Prize, qui de fait reconnaissait l’importance d’une architecture d’auteurs quand doctrines et références uniques était en train de disparaître.

Je n’entrais réellement dans la vie d’architecte qu’après un troisième concours pour 200 logements quand trois lauréats de concours PAN furent appelés en compétition sur un terrain comme celui de la rue des Hautes Formes. C’était un site difficile où était prévues deux tours, accessible par un petit côté. Je n’avais pas l’expérience professionnelle requise pour construire 200 logements, mais je savais ce que je voulais. Je voulais articuler une architecture contemporaine avec la ville existante, y intervenir par une inscription qui la transforme mais ne la nie pas. Je cherchais la voie d’un urbanisme nouveau. La pratique de ce projet des Hautes Formes et de son « système » m’avait fait voir l’îlot comme la molécule de base d’une sorte de micro-urbanisme ».

Parlez-nous de votre rapport au Maroc et de votre expérience ici, vous qui construisez actuellement le Grand Théâtre de Casablanca
CDP : « Je suis né en 1944 à Casablanca, car mon père était officier. Mais je n’ai que de vagues souvenirs de cette période ; nous avons dû partir rapidement à la fin de la guerre, mon père participant au débarquement de Provence. Mais je trouve cela beau de voir les marocains heureux de rappeler que je suis né chez eux, à Casa. Il y a un attachement humain entre la France et le Maroc même si l’histoire coloniale ne peut pas être oubliée. En tout cas, j’étais particulièrement ému de remporter ce concours en 2009.

C’était en effet un défi de se confronter à une place historique telle que la place Mohammed V, un lieu aimé des Casaouis, crée il y a un siècle par le maréchal Lyautey et Henri Prost qui offrait à travers ses bâtiments publics, signés par les grands architectes du début du XXème siècle, une sorte d’arrêt sur image de l’histoire de la ville. Le concours demandait d’implanter le théâtre sur le quatrième côté d’un quadrilatère qui prolonge cette place entre deux longs bâtiments administratifs d’ordonnance classique. Ce lieu était devenu un parking.

Il fallait donc agrandir considérablement la place du palais de justice, qui aurait donc non plus 100 mètres mais 300 mètres de long.

Cette situation très classique et monumentale était un casse-tête pour tous les architectes lors du concours. Comment répondre de façon contemporaine à ces palais ? Poursuivre cette composition classique conçue il y a un siècle alors que nos références et nos visions ont tant évolué ? Certains pensaient qu’il fallait refuser de continuer cette place, pensant que pour être moderne il faut écarter tout ce qui vient du passé. Je pensais le contraire, je voulais jouer avec l’existant. Mais 300 mètres c’est long et grand. J’ai conçu le projet avec l’idée qu’il fallait tenir l’unité du lieu dans cette longue dimension, tenir la symétrie d’ensemble mais ne pas la poursuivre littéralement dans l’architecture.

J’ai peu à peu vu le Grand Théâtre comme une médina, comme une métaphore de médina : un ensemble de plusieurs pavillons dont j’ai accentué le pavillon central comme un pavillon porte. Elle serait mystérieusement ouverte, entrouverte. Elle recevra une scène pour des concerts sur la place. Et surtout elle soulignerait l’axe central de la place sans ostentation, répondant avec grandeur au lointain palais de justice. Ainsi la place est mise en valeur et perceptible dans sa grandeur.

Entre les pavillons et la grande porte on entre d’abord dans un haut passage aéré qui sinue entre des piles arquées de staff ocre rouge et traverse la médina, distribuant les lieux. Conçu pour être bordé de café buvettes, d’une librairie, ce passage est un refuge public contre le soleil ou la pluie sur ce bord de la place.

On accède de là aux foyers et à l’intérieur des deux salles de théâtre. J’ai traité la plus grande en une série de balcons autonomes, pour rapprocher au maximum le public de la scène, et cela donne une belle intimité pour les 1800 spectateurs. Je travaille toujours les formes, les dimensions et les matériaux avec Xu Ya Ying, notre acousticien. Nous avons fait des tests acoustiques très concluants de la salle de 500 places avec l’orchestre philharmonique du Maroc et son chef, Olivier Holt. Driss Moulay Rachid, le directeur de Casa Aménagement, maître d’ouvrage du théâtre, prévoit les tests de la grande salle bientôt. Il y a aussi les petites salles, accessibles directement d’une des rues latérales ; et puis avec les loges et les lieux de répétition il y a tout un village des artistes ».

Note : A ce concours international qui eut lieu en juillet 2009 participa Franck O. Gerhy, Zaha Hadid, Rem Koolhaas, Aziz Lazrak et Mecanoo. (Zaha Hadid suite à ce concours réalise le Théâtre de Rabat.)

Pensez-vous qu’une telle compétition est à même de révéler des talents ?
CDP : « Oui, mais je pense qu’il faut aussi se méfier des concours car ils ne peuvent être une simple compétition au titre de performance. En effet, il n’existe pas une seule bonne réponse à une problématique, un site, un programme. Il n’y a pas de vérité unique en architecture. Et, sur un même projet, à la différence d’une compétition sportive, plusieurs réponses peuvent se révéler être bonnes. Les projets primés ne sont pas toujours les meilleurs et de beaux projets peuvent être mis à l’écart ».

[1] Le PAN, Programme Architecture Nouvelle, fut lancé en France par le ministère de l’Équipement en 1971 pour renouveler l’architecture du logement social. Devenu EUROPAN en 1988, le programme réfléchit à l’échelle européenne aux questions des villes en mutation pour stimuler de nouvelles stratégies urbaines et architecturales.
Il était contemporain de la « politique des modèles » initiée par le ministre de l’Équipement et du Logement, Alain Chalandon. Le modèle est un projet de construction à prix connu, établi par une équipe composée d’entrepreneurs, de bureaux d’études et d’architectes et pouvant être utilisé sur des lieux différents.

Propos recueillis par La Rédaction

Pour plus d’informations sur les Young Moroccan Architecture Awards, rendez-vous sur : www.ymaa.ma

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